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À Saint-Jacques, un podcast donne la parole aux habitantes gitanes

Anaïs Darrigrand 2 min de lecture
À Saint-Jacques, un podcast donne la parole aux habitantes gitanes

À Perpignan, le quartier Saint-Jacques compte entre 4 000 et 7 000 habitants et abrite une importante communauté gitane sédentarisée au milieu du 20e siècle. Un premier épisode du podcast Silences de l’antitsiganisme, publié par Made in Perpignan, donne la parole à deux grands-mères du quartier sur les discriminations qu’elles disent rencontrer au quotidien.

Selon madeinperpignan.com, ce travail a été réalisé avec des membres de la communauté gitane de Perpignan, afin qu’ils puissent raconter à la première personne les discriminations subies. Le podcast est soutenu par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+.

L’adresse et l’identité au cœur des récits

Les deux habitantes décrivent un quartier séparé du reste de la ville par des formes de méfiance et d’exclusion. Elles évoquent notamment les difficultés rencontrées pour accéder à certains services, aux soins, à un logement, à un restaurant ou à un camping. Dans leurs récits, l’adresse à Saint-Jacques peut devenir un frein lors d’une réservation ou d’une recherche de location.

Pour éviter un refus, des habitantes expliquent changer de nom ou ne pas donner leur adresse. L’une d’elles raconte que son fils n’a pas indiqué son identité gitane pour louer un appartement. Le podcast rapporte aussi un épisode vécu par un enfant lors de son arrivée au collège, où son assiduité scolaire a été mise en doute dès l’appel.

Un soutien trouvé dans le quartier

Face à cette pression, les femmes décrivent une vigilance constante pour éviter les remarques, les insultes ou les regards. Elles parlent de l’impact psychologique de cette anticipation du racisme, qui les conduit à modifier certains comportements.

Elles soulignent aussi la solidarité présente au sein de la communauté. Lorsqu’une personne est malade, hospitalisée ou doit faire face à des frais importants, les habitants peuvent se cotiser et s’accompagner. Pour les deux participantes, une meilleure connaissance de leurs valeurs et de leur quotidien reste nécessaire pour faire reculer les préjugés.

Source : madeinperpignan.com

Anaïs Darrigrand

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