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Perpignan : les autorités divisées sur la gestion des personnes sans domicile

Anaïs Darrigrand 2 min de lecture

Ce vendredi matin, lors d’une réunion publique dédiée aux nuisances dans le centre historique de Perpignan, la gestion des personnes sans domicile fixe (SDF) a fait l’objet d’échanges tendus. Philippe Rouch, directeur de la police municipale, a exposé une stratégie offensive pour répondre aux préoccupations des riverains concernant la mendicité et l’insécurité.

Le responsable a explicitement déclaré mener une politique de harcèlement quotidien à l’encontre des personnes sans-abri. Selon les données communiquées par Philippe Rouch, la police municipale consacre environ 70 % de ses effectifs à cette mission, totalisant 8 200 interventions et 12 000 contrôles. L’objectif avoué est de déplacer ces individus pour réduire leur présence dans le centre-ville, tout en déplorant la faible efficacité des amendes, dont le taux de recouvrement n’atteindrait que 17 %.

Une approche sécuritaire face aux limites du droit

Le directeur de la police municipale a également critiqué le rôle de certaines associations d’aide, les accusant de favoriser le maintien des sans-abris en centre-ville, et a suggéré que l’attractivité du RSA dans le département contribuerait au phénomène, selon madeinperpignan.com.

Face à ces déclarations, le procureur de la République, Jérôme Bourrier, a tenu à rappeler le cadre légal. Le magistrat a souligné que le statut de sans-abri ne constitue pas une infraction pénale et qu’il est impossible, au regard du droit, de procéder à des expulsions forcées ou à des mesures d’éradication. M. Bourrier a insisté sur la distinction nécessaire entre la grande précarité, qui relève d’un traitement social, et la délinquance. Il a réaffirmé que la réponse judiciaire doit se concentrer sur des faits caractérisés tels que les violences, le trafic de stupéfiants ou les troubles à l’ordre public.

La réunion a été marquée par le mécontentement de certains habitants, notamment concernant l’absence du maire Louis Aliot lors de cet échange sur le quotidien des résidents du centre-ville.

Source : madeinperpignan.com

Anaïs Darrigrand

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