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Le crabe bleu poursuit sa prolifération dans les lagunes des Pyrénées-Orientales

Anaïs Darrigrand 2 min de lecture
Le crabe bleu poursuit sa prolifération dans les lagunes des Pyrénées-Orientales

Neuf ans après sa première apparition recensée dans l’étang de Canet-Saint-Nazaire, le crabe bleu reste solidement installé dans les lagunes des Pyrénées-Orientales. Cette espèce native des côtes américaines a été détectée le 11 septembre 2017. Elle est aussi présente dans l’étang de Salses-Leucate et pourrait continuer à coloniser les estuaires locaux, selon madeinperpignan.com.

Le crustacé trouve dans les eaux saumâtres de l’étang de Canet-Saint-Nazaire des conditions proches de son habitat d’origine. Omnivore, il consomme des poissons, des mollusques, des crustacés et ses propres congénères. Sa population a fortement augmenté entre 2019 et 2021. Les pêcheurs de l’étang de Canet, au nombre de quatre, subissent ses effets : le crabe s’attaque aux produits de la pêche et peut découper les filets avec ses pinces.

En août 2025, près de 500 crabes ont été capturés pour les besoins des études scientifiques. Ce prélèvement ne représente toutefois qu’un échantillon de la population présente dans la vase. Au laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer, les équipes poursuivent les recensements des adultes et des larves, notamment grâce à des collectes de plancton.

Des captures prévues en 2026 et 2027

Les financements publics consacrés au crabe bleu et aux espèces non indigènes dépassent déjà le million d’euros en Occitanie. Une première étude de 400 000 euros a été financée par la DREAL Occitanie entre 2022 et 2024. L’Eurorégion a ensuite engagé près d’un million d’euros, dont plus de 600 000 euros issus du FEDER, pour le suivi des espèces non indigènes en Occitanie et en Catalogne.

L’État, via le Fonds vert, et la Région Occitanie ont par ailleurs débloqué 706 000 euros pour des opérations de capture menées en 2026 et 2027 avec les pêcheurs, le Cépralmar et le CRPMEM. Ces actions peuvent réduire temporairement la reproduction, mais leur efficacité durable reste incertaine : une seule femelle peut porter jusqu’à deux millions de larves.

Les scientifiques étudient aussi la gestion des vannes entre l’étang et la mer afin de limiter l’arrivée des larves. Cette piste se heurte cependant au besoin d’apporter de l’eau de mer fraîche et de l’oxygène dans la lagune pendant les périodes chaudes. La commercialisation du crabe, l’usage d’un parasite local ou l’introduction de poulpes sont également évoqués, sans solution immédiate retenue.

Source : madeinperpignan.com

Anaïs Darrigrand

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